Lectures bibliques du Jour

Dimanche 5 Juillet 2020

(Année liturgique 2019-2020 : A)

  • 14e dimanche ordinaire

Première Lecture :
≡ Zacharie 9 9–10
Psaume :
≡ Psaume 145 1–2, 8–11, 13–14
Deuxième Lecture :
≡ Romains 8 9, 11–13
Évangile :
≡ Matthieu 11 25–30
  • St Antoine-Marie Zaccaria, prêtre (1502-1539)

Première Lecture :
≡ 1·Timothée 4 12–16
Psaume :
≡ Psaume 1
Évangile :
≡ Luc 9 57–62

Office (Dimanche 2e semaine) (numérotation des Psaumes selon l’hébreu)

Lectures :
≡ Psaume 104 1–12 ≡ Psaume 104 13–23 ≡ Psaume 104 24–35
Matin :
≡ Psaume 95 ≡ Psaume 118 ≡ Daniel 3 52–57 ≡ Psaume 150 ≡ Benedictus
Jour :
≡ Psaume 23 ≡ Psaume 76 1–7 ≡ Psaume 76 8–13
Soir :
≡ Psaume 110 ≡ Psaume 115 ≡ Apocalypse 19 1, 2, 5–7 ≡ Magnificat
Complies :
≡ Psaume 4 ≡ Psaume 134 ≡ Nunc dimittis

Prière du matin

Si vous ne redevenez des petits enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux (Matthieu 18 3). Béni sois-tu, Père, de révéler aux petits les mystères de ton Royaume. Comme nous sommes compliqués, alors qu’en toi tout est si simple ! Tu viens dans nos vies avec un cœur innocent et tu ouvres le nôtre aux évidences de l’amour. Donne-nous, Jésus, des cœurs de pauvres, des cœurs qui ont faim et soif de toi, prêts à se décharger de leurs fardeaux pour endosser le tien, qui est léger et facile à porter (Matthieu 11 30).

France

Homélie

Jésus prie. Il s’adresse à son Père. Sa prière est une action de grâce. Il loue son Père, non en lui-même, mais pour ce qu’il fait. Il s’émerveille de voir avec quelle spontanéité les enfants et les gens sans culture répondent à sa prédication. Comme, par ailleurs, il se désole de voir se détourner de lui ceux qui avaient tous les éléments pour le reconnaître (Jean 9 40-41). Ici la joie de Jésus éclate. Tout le monde ne le discute pas, tout le monde ne le fait pas passer au crible d’une critique savante. Il y a aussi ceux qui l’accueillent tout simplement, ceux qui ont spontanément l’intuition qu’il ne s’agit pas de tout comprendre, mais d’accepter d’être aimés. Il faut vraiment ressembler à ces enfants que Jésus aime et caresse (Marc 10 16) et qui sont heureux d’être aimés, parce qu’ils ne sont pas blasés. Il faut vraiment baisser les armes devant lui, sous peine de passer à côté de la plus belle rencontre qu’un homme puisse faire. Et à celui qui l’accueille ainsi, Jésus réserve les plus grandes révélations, celles que nul ne peut connaître (Matthieu 11 27) et qui traitent du mystère de Dieu lui-même. Ainsi en est-il encore. Ceux qui prient en font l’expérience. Dieu leur parle quand ils se confient à lui. Ils comprennent, quand ils ne sont pas sur la défensive. Ils aiment vraiment quand ils acceptent d’abord d’être aimés, car Dieu nous aime toujours le premier (1·Jean 4 10), mais nous nous défendons d’y être sensibles et nous avons du mal à nous laisser faire. Nous nous compliquons la vie spirituelle. Nous cherchons du difficile là où les choses sont simples. Le joug du Seigneur est léger, car il le porte pour nous.

France

Méditation

La grâce de Notre-Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu le Père et la communion de l’Esprit Saint soient toujours avec vous (2·Corinthiens 13 13).

Cette salutation trinitaire ouvre fréquemment la célébration eucharistique et nous rappelle que la grâce est un « double » mystère : celui de la vie trinitaire elle-même, et celui de notre participation à cette vie, dans le Christ.

Toute grâce vient du Christ Jésus. De sa plénitude nous avons tous reçu, et grâce après grâce (Jean 1 14, 16-17). Il est venu pour que nous ayons la Vie, sa propre Vie, en abondance (Jean 10 10). Son amour est un amour vivant et personnel. Il m’a aimé et s’est livré pour moi, pouvons-nous affirmer avec Paul (Galates 2 20).

L’amour de Jésus pour nous est un don de Dieu son Père : Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique pour que tout homme qui croit possède par lui la vie éternelle (Jean 3 16). La grâce qui vient du Christ porte en elle l’amour de son Père pour chacun de nous. Le Père lui-même vous aime, dit Jésus (Jean 16 27). Par la grâce, Dieu devient notre Père. Dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu (1·Jean 3 2).

L’amour du Père pour le Fils et du Fils pour le Père, amour éternel, infini et toujours jaillissant, s’exprime dans la communion de l’Esprit Saint, souffle vivant et vivifiant et qui monte, éternellement, du dialogue entre le Père et le Fils. Lorsque la grâce du Christ nous est donnée, l’amour du Père nous est donné, l’Esprit Saint nous est donné (Romains 5 5).

L’homme qui accueille la grâce au plus profond de son cœur devient capable de nouer avec Dieu son créateur, de qui il tient la vie, le mouvement et l’être (Actes 17 28) des relations toutes nouvelles de réciprocité.

La grâce possède des puissances actives capables de prendre contact avec Dieu et de rendre progressivement divin l’agir humain : ce sont les vertus, que nous pouvons mettre en action. Elle possède aussi des puissances réceptives pour capter l’influence de Dieu, l’inspiration de l’Esprit : ce sont les dons, que notre pauvreté offerte fait grandir.

Devenu participant de la vie divine, l’homme peut entrer par la foi et l’amour, comme enfant de Dieu, dans la vie trinitaire. Dans l’obscurité, mais réellement, les trois Personnes divines deviennent pour lui des personnes vivantes. L’homme dans la grâce est enveloppé par l’amour paternel de son Créateur, il grandit dans l’intimité fraternelle avec le Fils incarné, sous le souffle de l’Esprit Saint, et cela, dans la vie quotidienne la plus ordinaire (Colossiens 3 17).

Nous pouvons et nous devons toujours compter sur ce dynamisme de la grâce pour vivre le combat spirituel qu’est la vie chrétienne. Hors de moi, vous ne pouvez rien faire (Jean 15 5), dit Jésus. Mais l’Esprit Saint nous est donné (Romains 5 5), il est vivant en nous (Romains 8 9) et sa mission est de faire grandir en nous l’amour de charité, ce don supérieur entre tous, et qui ne passera pas (1·Corinthiens 12 31—13 13). Il veut devenir notre ami, notre guide, notre lumière intérieure pour que, dans la docilité à son action, nous devenions, en Jésus, de véritables enfants de Dieu (Romains 8 14).

Le don de la grâce est ecclésial. Si nous ne connaissons pas les frontières de la grâce, nous savons dans la foi que l’Église dont nous sommes les membres a été voulue par le Christ pour être, en lui, « le Sacrement, c’est-à-dire le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain » (Vatican II, l’Église, n° 1). Membres de l’Église par notre baptême dans le Christ, nourris de la Parole et de l’Eucharistie, purifiés par le sacrement de Réconciliation, nous pouvons coopérer, chacun selon notre vocation, à la mission sacerdotale, prophétique et royale de l’Église.

C’est par la grâce de Dieu que nous sommes ses enfants, et sa grâce en nous ne sera pas vaine (1·Corinthiens 15 10) si nous lui donnons chaque jour la collaboration ecclésiale de notre foi, de notre espérance et de notre amour (1·Thessaloniciens 1 3) au service de nos frères, à l’exemple de Marie, mère de l’Église, comblée de grâce (Luc 1 28).

France

Saint Antoine-Marie Zaccaria, prêtre

Antoine-Marie est né en Lombardie, à Crémone, en 1502. À partir de 1522, année où il obtient son doctorat à l’université de Padoue, il exerce la médecine dans sa ville natale avec un grand dévouement. Très fervent, il catéchise les enfants et s’adonne à l’étude de la théologie. Il s’oriente vers le sacerdoce et devient prêtre en 1528. Il exerce son ministère à Crémone, puis fonde avec des confrères une congrégation de clercs réguliers, les Paulins, qui ne tarderont pas à s’appeler les Barnabites, du nom de leur première implantation à proximité de l’église Saint-Barnabé.

L’ordre des Barnabites, qui reçoit l’approbation pontificale en 1533, se caractérise par une grande austérité de vie, une dévotion à la très sainte eucharistie et au crucifix. La nouvelle congrégation s’inscrit dans la mouvance de ce courant réformateur qui travaille l’Église à la veille du concile de Trente. Antoine-Marie et ses compagnons organisent des conférences pour les prêtres, fondent des associations de laïques, prêchent dans les églises et dans les rues, se rendent au chevet des malades dans les hôpitaux, ont le souci des pauvres. Antoine-Marie, à qui son zèle faisait dire : « Courons comme des fous, non seulement à Dieu, mais aussi au prochain », meurt en 1539. Il est acclamé comme le « père de la patrie ». Il a été canonisé en 1897.

 

(Missel Kephas, Éditions du Jubilé)