Lectures bibliques du Jour

Dimanche 25 Octobre 2020

(Année liturgique 2019-2020 : A)

  • 30e dimanche ordinaire

Première Lecture :
≡ Exode 22 20–26
Psaume :
≡ Psaume 18 2–4, 47, 51
Deuxième Lecture :
≡ 1·Thessaloniciens 1 5–10
Évangile :
≡ Matthieu 22 34–40

Office (Dimanche 2e semaine) (numérotation des Psaumes selon l’hébreu)

Lectures :
≡ Psaume 104 1–12 ≡ Psaume 104 13–23 ≡ Psaume 104 24–35
Matin :
≡ Psaume 95 ≡ Psaume 118 ≡ Daniel 3 52–57 ≡ Psaume 150 ≡ Benedictus
Jour :
≡ Psaume 23 ≡ Psaume 76 1–7 ≡ Psaume 76 8–13
Soir :
≡ Psaume 110 ≡ Psaume 115 ≡ Apocalypse 19 1, 2, 5–7 ≡ Magnificat
Complies :
≡ Psaume 4 ≡ Psaume 134 ≡ Nunc dimittis

Prière du matin

Seigneur Jésus, Verbe Incarné de Dieu, augmente notre foi et notre confiance en toi, sois la lumière de notre vie tout au long de cette journée. Que ta Parole nous guide et nous fortifie pour que nous soyons des artisans de paix et d’amour dans notre milieu de vie et de travail.

Sénégal

Homélie

Ce bref passage de l’évangile contient un message particulièrement beau et particulièrement exigeant. Un message immédiat et impératif. Ce sont les mots de Jésus lui-même. Des mots qui nous indiquent clairement le chemin qu’il voudrait que nous suivions. Et ce chemin nous semble à nous très angoissant. Car il n’y a pas de place sur ce chemin pour y préserver l’égoïsme de nos petites personnes. Il n’y a pas de clause nous permettant de sélectionner, de négocier ou de discuter.

Nous devons aimer Dieu pleinement : totalement, sans réserve ni échappatoire, de tout notre cœur, de toute notre âme, de tout notre esprit. Or, sans son aide, nous n’avons pas la moindre idée sur le « comment faire ». Il est plus difficile encore de nous aimer les uns les autres. La Bible et l’histoire nous démontrent à l’évidence combien nous suivons mal ces deux commandements.

Prions donc, chaque matin ; chaque jour, demandons la grâce d’aimer vraiment le Créateur de tout notre être, et la grâce de nous aimer vraiment les uns les autres, à la fois de nous aimer nous-mêmes et d’aimer notre prochain. En effet, ce Dieu généreux qui n’a pas cessé de nous aimer à travers des siècles de vies ingrates, nous donnera la grâce d’aimer. Il faut le lui demander, inlassablement.

U. S. A.

Méditation

« Pour que nous puissions obtenir ce que tu promets, fais-nous aimer ce que tu commandes. »

Ces paroles tirées de la collecte du jour nous incitent à considérer les relations qui existent entre la charité, la loi et la liberté. Peut-on se permettre de réduire les « commandements » au pluriel, au « commandement » au singulier ? Est-il laissé à chacun de déterminer quel sens doit avoir le double commandement de la charité envers Dieu et le prochain, dans les situations concrètes de notre vie, indépendamment de tout autre commandement ? La fameuse maxime de saint Augustin : « Aime et fais ce que tu veux », est souvent invoquée comme une exhortation à suivre le commandement de la charité selon notre propre interprétation, et à violer, le cas échéant, les autres commandements divins.

Si on a pu comprendre saint Augustin de travers à ce point c’est qu’on n’a pas réalisé ce que l’évêque d’Hippone, et l’Évangile lui-même, mettent sous le mot « aimer ». En effet, l’essence de la charité implique non pas un affranchissement, mais au contraire, des liens plus forts, avec l’être aimé. Si je vis dans la charité, je suis totalement déterminé par cette charité, qui est la plénitude de la loi (Romains 13 10). Alors, je ne suis plus mon propre maître, et il n’y a plus de contradiction entre « aimer » et « faire ce que je veux », pour la simple raison que je ne veux rien d’autre que ce que la charité commande. Et là est ma vraie liberté.

Ainsi, de façon paradoxale, nous sommes libérés en suivant la loi de la charité. La liberté entendue au sens absolu n’existe pas. En effet, si on définissait la liberté négativement, comme affranchissement de toute contrainte extérieure et de tout précepte, la liberté deviendrait autonome. Ainsi, elle aurait l’illusion, selon le sens étymologique du mot, d’être à elle-même sa propre loi. Mais, dans ce cas, nous serions totalement liés à nous-mêmes, et moins libres que jamais. Au contraire, les liens inhérents à la charité nous font nous pencher sur la loi parfaite de liberté (Jacques 1 25), où la loi de la liberté est déterminée par la charité.

Ainsi, nous devenons capables d’aimer les commandements de Dieu, comme ce fut le cas des juifs que nous entendons, par exemple dans le livre des Psaumes, remercier et louer Dieu pour les préceptes qu’il leur a donné comme règle. Pas un peuple qu’il ait ainsi traité (Psaume 147 20) dit le Psalmiste avec triomphe. Avoir la loi divine comme guide dans la vie est un privilège. Car de même que la charité est la plénitude de la loi, ainsi « la Loi et les prophètes » dépendent du double commandement de la charité, deux commandements qui n’en font qu’un : en effet, l’Amour de Dieu n’est vrai que s’il se concrétise aussi dans l’amour du prochain ; et mon amour du prochain présuppose que ce prochain est une créature ayant même Père et Créateur que moi.

Dans la collecte d’aujourd’hui, nous prions afin de pouvoir « aimer tes commandements pour obtenir ce que tu promets ». En aimant les aimables préceptes divins, c’est Dieu lui-même que nous aimons : Celui qui a mes commandements et qui les garde, voilà celui qui m’aime (Jean 14 21). Et la réciproque est également vraie. Si nous aimons Dieu, nous devons aussi aimer ses commandements : Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements (Jean 14 15). Aimer Dieu et sa sainte loi nous rend « dignes de recevoir les promesses de Dieu » : ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment (1·Corinthiens 2 9).

Danemark

 

(Missel Kephas, Éditions du Jubilé)