Lectures bibliques du Jour

Mercredi 3 Juin 2020

(Année liturgique 2019-2020 : A)

  • 9e mercredi ordinaire

Première Lecture :
≡ 2·Timothée 1 1–3, 6–12
Psaume :
≡ Psaume 123 1–2
Évangile :
≡ Marc 12 18–27
  • St Charles Lwanga et compagnons, martyrs († ~1886)

Première Lecture :
≡ 2·Maccabées 7 1–2, 9–14
Psaume :
≡ Psaume 123
Évangile :
≡ Jean 12 24–26

Office (Mercredi 1e semaine) (numérotation des Psaumes selon l’hébreu)

Lectures :
≡ Psaume 18 2–7 ≡ Psaume 18 8–20 ≡ Psaume 18 21–30
Matin :
≡ Psaume 95 ≡ Psaume 36 ≡ Judith 16 13–17 ≡ Psaume 47 ≡ Benedictus
Jour :
≡ Psaume 119 9–16 ≡ Psaume 17 1–9 ≡ Psaume 17 10–15
Soir :
≡ Psaume 27 1–6 ≡ Psaume 27 7–14 ≡ Colossiens 1 12–20 ≡ Magnificat
Complies :
≡ Psaume 31 ≡ Psaume 130 ≡ Nunc dimittis

Prière du matin

Comme elles sont belles, Seigneur, les saisons de notre temps ! Chacune s’offre à nous avec son climat, ses richesses et ses couleurs. Comme elles sont belles, Seigneur, les saisons de nos âges : l’enfance, l’adolescence, l’âge adulte, la vieillesse : chacune vient à nous avec ses joies et ses défis. Et toi, le Dieu fidèle, tu prépares pour nous une cinquième saison. Elle n’aura d’autre soleil que celui de ta présence. La mort et la peur en seront bannies. La paix et l’harmonie y couleront comme un fleuve. Loué sois-tu, Seigneur, toi qui nous aimes et nous es fidèle, pour ce monde et pour l’au-delà.

Canada

Homélie

Nos attitudes face à la mort sont paradoxales ! D’une part, on peut s’acharner sur un corps usé et essayer de continuer à le faire fonctionner en ayant recours aux plus récentes découvertes et à la technologie la plus complexe. D’autre part, on peut ressentir une certaine sympathie pour quelqu’un qui commet un « meurtre par compassion ». C’est comme si nous ne voulions plus de la vie quand il y a trop de mort dedans ! C’est comme si nous acceptions la mort quand la vie commence à lui ressembler !

On pourrait dire que notre Maître et Seigneur, Jésus Christ, a accepté de mourir tout en refusant la mort ! Pour lui, l’acte de mourir ne débouche pas sur la mort, mais sur la vie, n’aboutit pas au vide, mais à la plénitude, n’est pas la fin, mais une étape. Pourtant, l’évangile d’aujourd’hui le démontre, ce n’est pas tout le monde autour de lui, même dans les milieux juifs, qui croit en une vie après la mort. Jésus cependant l’affirme et cette certitude prend sa source dans sa relation filiale avec son Père. Jésus est convaincu d’une chose : Dieu aime intensément les êtres humains, au point de leur donner la vie sans tricher, sans faire comme une mère cruelle qui ferait goûter à son enfant un bon gâteau pour ensuite le lui enlever ! Dieu n’est pas sadique : il ne nous donne pas la vie pour nous faire souffrir en nous l’enlevant. Il la donne pour toujours, généreusement, infiniment. C’est pourquoi Jésus affirme « que les morts doivent ressusciter ». Ils reçoivent de Dieu une existence débarrassée de toute trace de mort. Que sera cette vie au-delà de la mort ? Jésus l’affirme sans l’expliquer, sinon pour dire que c’est tout l’être humain qui sera assumé dans cette nouvelle dimension de vie. C’est un peu en regardant ce que Dieu a fait et continue de faire pour nous, que nous pouvons pressentir l’au-delà. En effet, c’est Dieu qui nous a tirés du néant ; c’est lui qui nous fait goûter la richesse de la vie ; c’est lui qui nous donne son Fils pour que nous devenions ses enfants. Comment penser que sa tendresse puisse se tarir tout à coup ? Celui qui nous comble de la richesse des saisons ne peut-il pas nous préparer une cinquième saison ? Une saison dont le soleil sera l’amour, un amour qui dansera entre nous comme des aurores boréales, un amour étonnant comme un printemps, riche comme l’automne, rempli comme le plus bel été.

Croire en Jésus Christ, c’est aussi croire en la bonté d’un Dieu qui ne se dément pas. Quand il donne, c’est pour toujours et quand il fait vivre, c’est pour toujours. Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants (Marc 12 27).

Canada

Prière du soir

Seigneur Dieu, notre Père et notre Créateur, tu sais combien la mort nous effraie. Lorsqu’elle rôde autour, avec son cortège de larmes, de cimetières et de testaments, nous sentons qu’elle s’attaque à bien plus qu’à un corps ! Elle s’en prend à la vie, avec toutes ses ramifications ; elle s’en prend à l’amitié et à l’amour, aux espoirs et aux accomplissements. Redis-nous, Seigneur, combien tu es le Dieu fidèle. Le Dieu qui ne triche pas avec ses dons. La vie, tu nous la donnes une fois pour toutes. Si seulement nous pouvions te faire confiance une fois pour toutes ! Qu’elle vienne donc, « la petite espérance », qu’elle vienne faire peur à la mort, faire fuir le doute, et tracer en nos cœurs, en traits indélébiles, ton visage de Père !

Canada

Saint Charles Lwanga et ses compagnons, martyrs

Mémoire

Charles Lwanga et ses 22 compagnons dont nous faisons mémoire aujourd’hui ont fécondé de leur sang cette terre d’Afrique qui, des siècles auparavant, avait déjà vu le martyre de tant de saints et de saintes : Félicité, Perpétue, Cyprien... L’Ouganda venait d’être évangélisé par les Pères blancs et les missionnaires anglicans — le premier baptême avait eu lieu en 1880, quand un nouveau prince accéda au pouvoir, qui ne tarda pas à se montrer hostile aux chrétiens. Cette hostilité ne relevait pas, semble-t-il, des convictions de foi, mais plutôt d’une peur devant les conséquences éventuelles du message de libération apporté par le christianisme.

La vindicte du prince se tourna d’abord vers les pages chrétiens de sa cour qui refusèrent d’obtempérer à ses demandes moralement inacceptables. Charles Lwanga, chef des pages, et ses compagnons venaient d’être baptisés ou étaient encore catéchumènes. Le plus jeune avait 13 ans et le plus âgé 50, mais la plupart d’entre eux étaient de jeunes hommes dont l’âge se situait entre 16 et 24 ans. Certains étaient déjà très engagés, comme Mathias Kalemba qui exerçait des fonctions de catéchiste dans la communauté.

Tous firent preuve d’un immense courage et d’une joie profonde, témoignant ainsi de la présence de Dieu en eux et parmi eux.

Charles Lwanga et ses compagnons nous invitent également à faire mémoire de tous les martyrs inconnus qui périrent entre la fin de l’année 1885 et le début de l’année 1887 : plus d’une centaine vraisemblablement, de confession tant catholique qu’anglicane.

 

(Missel Kephas, Éditions du Jubilé)