Lectures bibliques du Jour

Lundi 24 Juin 2019
(Année liturgique 2018-2019 : C)

Nativité de St Jean-Baptiste



  • La veille au soir

Première Lecture :

≡ Jérémie 1 4–10

Psaume :

≡ Psaume 71 5–8, 15, 17, 19, 14

Deuxième Lecture :

≡ 1·Pierre 1 8–22

Évangile :

≡ Luc 1 5–17



  • Messe du jour

Première Lecture :

≡ Isaïe 49 1–6

Psaume :

≡ Psaume 139 1–3, 13–15

Deuxième Lecture :

≡ Actes 13 22–26

Évangile :

≡ Luc 1 57–66, 80



Office (numérotation des Psaumes selon l’hébreu)

Lectures :

≡ Psaume 21 ≡ Psaume 92 2–10 ≡ Psaume 92 11–16

Matin :

≡ Psaume 95 ≡ Psaume 63 ≡ Daniel 3 57–88, 56 ≡ Psaume 149 ≡ Benedictus

Jour :

≡ Psaume 118 1–13 ≡ Psaume 118 14–18 ≡ Psaume 118 19–29

Soir :

≡ Psaume 15 ≡ Psaume 112 ≡ Apocalypse 15 3–4 ≡ Magnificat

Complies :

≡ Psaume 91 ≡ Nunc dimittis



Nativité de saint Jean Baptiste

Solennité

Prière du matin

Seigneur Jésus, par sa vie et sa parole, saint Jean Baptiste t’a proclamé comme Messie Sauveur ; à son exemple, apprends-nous pendant cette journée à t’ouvrir les chemins de nos cœurs et à être pour nos frères le signe de ton amour.

France

Homélie

Au cours de l’année liturgique, seules trois personnes sont fêtées au jour de leur naissance terrestre : le Christ, bien sûr, la Vierge Marie, et saint Jean Baptiste. La Nativité du Précurseur est donc considérée par l’Église comme un événement important dans l’histoire du Salut. La date choisie le confirme : dans le bassin méditerranéen, où est née la liturgie chrétienne, le 24 juin correspond au solstice d’été, où les jours commencent à raccourcir, tandis que le 25 décembre (Noël) coïncide avec le solstice d’hiver, où ils rallongent. Tout ceci constitue un merveilleux jeu symbolique, liturgique, cosmique, dont Jean Baptiste exprimera plus tard la vérité profonde, à propos de Jésus : Il faut que lui grandisse, et que moi, je décroisse (Jean 3 30). Dès sa naissance et même dès sa conception (cf. Luc 1 41,44), Jean est un vrai témoin du Christ. Un témoin humble qui trouve sa joie à servir celui qu’il annonce. À sa naissance, on se demandait : Que sera donc cet enfant ? L’évangile nous apprendra qu’il ira jusqu’au bout de la fidélité à Dieu : il mourra en martyr. Dans sa naissance comme dans sa mort, il a précédé et annoncé le Christ.

Nous voyons alors en quoi son destin, exceptionnel et unique, intéresse notre propre itinéraire chrétien, plus ordinaire. Si on ne choisit pas de naître, ni non plus le moment et le moyen de mourir, on peut faire de sa vie, jusqu’à la dernière minute, une offrande joyeuse au Dieu vivant, et un témoignage rendu au Christ Sauveur. Notre civilisation aime les enfants, mais d’un amour souvent perverti ou miné par le désir d’en faire les premiers objets d’un processus de consommation. La naissance du Précurseur nous rappelle que chaque être humain est aimé de Dieu, et a reçu de lui une vocation utile pour le bonheur du monde. Que va devenir tel ou tel petit enfant ? C’est l’affaire de Dieu, et du jeu de la grâce et de la liberté en cet être nouveau, bien sûr. Mais c’est aussi notre affaire, nous en sommes responsables. Demandons à saint Jean Baptiste la grâce de regarder chaque vie humaine, dès son premier instant, comme un cadeau précieux venu de Dieu. Qu’il intercède pour nous, et spécialement pour tous ces petits enfants qui nous entourent. Que chacun et chacune d’entre nous sache à son tour aimer Dieu jusqu’au bout, dans la pleine joie des amis de l’Époux (Jean 3 29).

Israël

Méditation

Celui qui réfléchit à la nativité de Jean, comment ne songerait-il pas aussitôt à la nativité du Christ, d’autant que si Jean devait naître d’une mère stérile et d’un père âgé, la seule raison apparente en est qu’il devait précéder, par sa naissance admirable, celui qui allait naître d’une manière unique ? L’ami devait être le précurseur de l’Époux, le serviteur, précéder le Seigneur ; la voix, le Verbe ; la lampe, le Soleil ; le héraut, le Juge ; l’homme sauvé, le Sauveur.

Jean lui-même en témoigne : il ne venait pas simplement parce qu’il devait venir, mais parce qu’il devait précéder le Seigneur. Il a été son précurseur par sa naissance, par sa prédication, par son baptême, par sa mort, et en dernier lieu par sa descente aux enfers. Il a donc précédé le Seigneur, et il s’est aussi précédé lui-même. En effet, avant sa conception dans le sein maternel, l’incrédulité ferma la bouche à son père ; et Jean, avant même de savoir parler, la lui rouvrit d’une manière admirable, dans l’émission du vocable de son nom. Sans aucun doute, alors qu’il ne pouvait encore adresser la parole aux hommes, il a pu en exultant de joie aux entrailles de sa mère annoncer la présence du Roi du ciel, caché dans le sein de la Vierge. Car le Saint-Esprit, qui l’anima de son souffle, avant même qu’il puisse respirer le souffle vital de l’air, emplit aussi la chaste demeure du sein maternel où il vivait. D’où l’exclamation d’Élisabeth : Voici ! lorsque j’ai entendu tes paroles de salutation, l’enfant a tressailli d’allégresse au-dedans de moi (Luc 1 44).

Pierre Damien (XIe s.)

 

(Missel Kephas, Éditions du Jubilé)